Après un trajet de 5 heures de bus à partir d'Oruro dans les montagnes désertiques, nous arrivons juste de Llallagua, une ville minière, perdue au milieu de nulle part. Ici aussi, l'exploitation de l'étain n'a enrichi que le magnat Simon Patino au siècle dernier ainsi que l'état depuis sa nationalisation. Nous avons retrouvé là-bas une connaissance qui œuvre au sein d'activités humanitaires : soupe populaire, centre d'accueil d'enfants handicapés, soutien scolaire, garderie... On y a passé quelques jours en tant que bénévoles. Au delà de l'aide apportée, l'objectif est aussi de faire changer les mentalités en commençant par les enfants.
Victor Montoya,célèbre écrivain Bolivien, décrit les maisons comme le prolongement naturel du sol. Sur certains aspects, on vit comme 50 ans en arrière chez nous, avec en plus une misère parfois impressionnante. Dans cette ville de 45000 habitants, pas de chauffage ni lave linge, l'eau courante un jour sur deux... Les rues jonchées de détritus et assez odorantes, sont envahies par les campesinos (les paysans Quechuas des campagnes voisines) qui viennent vendre des bricoles. On voit aussi débouler constamment les ouvriers crasseux et parfois bien éméchés qui descendent de la célèbre mine Siglo XX.
Organisés en coopératives depuis l'abandon de l'Etat, ils bossent a la Germinal, dans des conditions lamentables. Pour tenir, ils mâchent la coca et boivent la chincha, un alcool à 96 degrés! Ils sortent leur sacs de 45 kilos et de retour aux abords de la mine sur les hauteurs de la ville, ils broient le minerai sur des plaques d'acier avec d'énormes demie lunes en béton munies de deux poignées. La poussière de roche est tamisée puis lavée dans des bains de cyanure et le tout rejetté dans la rivière... Espérance de vie du mineur : 45 ans. Dimanche, nous avons visité quelques galeries pas trop dangereuses avec un guide.

Les sourires des enfants du comedor (soupe populaire)







